Revu Antonin, il était avec un compagnon d’infortune, c’était un samedi matin, tôt, j’allais au travail, sac à main trop petit, je lisais en marchant, un livre dont le titre me parle en boucle, C’est une occupation sans fin que d’être vivant, j’en parlais hier avec Claire, on se disait : waw,…
“Aujourd’hui, des foules résignées marchent le Premier Mai d’une République à une Nation. Les mots qu’ils scandent ne sont que simulacres de menaces et de bagarres. Au-cune au-cune au-cune hé-si-ta-tion. Il me vient quasiment des sanglots de rage quand je croise ces rassemblements circonscrits de policiers et de camions-poubelles qui suivent lentement, ramassent et effacent les traces d’un désordre qui ne survient pas”
[La Petite Fille au bout du Chemin]
“Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce”, Lola Lafon, 2011 #1erMai
La galanterie, ce n’est pas un truc féministe. Non. C’est très bien expliqué ici.
Et pourtant, bien des hommes sont très attachés à la galanterie. Quand on leur dit qu’il faut arrêter d’être galant, c’est comme si on leur arrachait une partie de leur anatomie - je vous laisse le choix quant à…
Aimer sa femme n’immunise pas du viol. Etre féministe n’immunise pas du viol. Etre marié n’immunise pas du viol. Etre gentil et respectueux des femmes (comme c’est gentil, c’est trop en fait!) n’immunise pas du viol. Etre sain d’esprit n’immunise pas du viol. Etre un mec sympa n’immunise pas du viol. Aimer les femmes n’immunise pas du viol. Aimer les hommes n’immunise pas du viol. Etre sobre n’immunise pas du viol. Etre poli et bien élevé n’immunise pas du viol. C’est comme ça. N’importe quel homme peut violer un jour si il n’est pas vigilant/respectueux vis à vis du consentement, si les bases ne sont pas posées clairement, si il a le sentiment d’être parfaitement légitime puisque “c’est pas du viol, attend je l’ai pas frappé et je l’ai pas tenu non plus, elle m’a dit non mais vite fait quoi”, si il a le sentiment d’être parfaitement légitime parce que “je ne l’ai pas violé mais c’est vrai que j’ai été un peu insistant et qu’elle était vraiment pas enthousiaste”.
La peur du viol se nourrit du mythe du malade qu’on croise dans une ruelle sombre ou de groupe de lascards trop pétés à la fin de la soirée. Elle est construite, nourrit et relayée par la voix du patriarcat, et est un des piliers de la culture du viol. On lui trouve alors plusieurs avantages : d’une part, elle permet de dédouaner “les hommes corrects qui ne sont pas comme ça”. D’une autre, elle officie parfaitement son rôle de contrôle social sur les femmes. La peur du viol délimite ainsi des stratégies : ne sors pas la nuit, ou seulement avec d’autres hommes, ne provoque pas, ne répond pas quand un inconnu te parle, ne t’habille pas comme ça, blablabla. C’est aussi ce qui permet de ne pas éduquer les hommes au consentement et au fait de ne pas violer : pas la peine, ça ne les concerne pas tous, il n’y a que les malades détraqués qui violent. Enfin c’est l’alibi du silence. Comprenez, il n’y a qu’un certain genre d’homme qui viole, si on commence à laisser entendre le contraire, c’est la porte ouverte aux fausses accusations, ce fléau qui détruit des milliers de vies quotidiennement, et surtout, c’est un stigmate insupportable envers les hommes. Je dirais même que c’est du sexisme!


